dimanche 14 décembre 2008

Le Sénégal toujours





Photos du Sénégal.





FLASH SPECIAL - FAFA en UNE

Nous les attendions tous. Les voilà !!
Vous avez été nombreux a réclamer des photos de François.
"Le débarquement de François".
"François retrouve l'afrique".
"François et le Djembé".
"François nage la brasse".







Vendredi 5 Décembre - Journal de bord.

Dernière journée de préparation du bateau, car nous le quitterons définitivement demain matin.
Depuis notre départ de Sète, nous avions remarqué qu’il y avait régulièrement de l’eau dans les cales du bateau et prenons la décision de tout démonter afin de trouver l’origine de la fuite.
Après avoir tout inspecté, nous constatons que le système de refroidissement du moteur fuit. Quelques colliers à resserrer et c’est réglé. Par contre, il faut écoper de l’eau mélangée à du goudron (la peinture qui devait protéger la coque a été dissoute par du gasoil) et ce n’est pas une partie de plaisir…
Avec Saliou, nous allons au village réserver un taxi pour demain et là encore les prix flambent et sont multipliés par 3. Plus d’1/2 h de palabres pour arriver à une entente. Ceci dit, je me fais un peu de soucis, car le véhicule, un break 504 de 7 places, est au bout du rouleau : il ne démarre pas, les portes ne ferment plus et je n’ose imaginer le nombre de km parcourus !
L’après midi, Saliou apprend à manœuvrer l’annexe et à se servir des rames. Dans la foulée, Paul lui donne sa première leçon de natation après l’avoir équipé du gilet de sauvetage.

Jeudi 4 Décembre - Journal de bord

A 6h, tout le monde debout ; il s’agit de faire vite pour ne pas manquer le 1er bac qui part à 7h30. Bien sûr, le temps de faire la toilette, de prendre le petit déj. et de relier le ponton avec l’annexe dont le moteur ne fonctionne toujours pas, nous sommes à la bourre ! C’est donc au pas de course que nous avalerons le km qui nous sépare de l’embarcadère et nous montons juste à temps sur le bateau.
Ensuite, un bus nous conduit jusqu’à Fatick. Il est bondé et nous avons même des chèvres sur le toit. A mes côtés, une jeune maman tient son petit garçon contre son sein ; il est curieux, très sage, et me regarde avec attention : il n’a pas dû voir beaucoup de personnes à la peau blanche !
Arrivés à la gare routière, il nous faut maintenant prendre un mini bus jusqu’à Kaolack. Ce sont des 19 places et ils ne partent que lorsqu’ils sont pleins. Nous avons de la chance et rapidement nous prenons la route. Celle-ci est en mauvais état et par endroits les nids de poule sont tellement importants que les conducteurs doivent emprunter les bas côtés. Ceci dit, notre chauffeur est prudent et ne nous a causé aucune frayeur.
Arrivés à Kaolack, sur la place centrale, je (Didier) me renseigne pour savoir dans quel bâtiment se trouvaient les établissements Vézia. C’est là que j’ai passé mes premières années, à l’époque où mes parents travaillaient au Sénégal. Aujourd’hui, l’immeuble est occupé par deux banques. Le directeur du Crédit Mutuel, prévenu de ma visite, m’autorise à circuler dans les parties extérieures et je prends de nombreux clichés pour la famille. Un vieil habitant du quartier, qui a bien connu l’époque où la Sté Vézia était en activité, me sert de guide.
Ensuite, direction le port, où mon père s’occupait de l’expédition d’arachides par bateau vers la France. On devine que l’activité économique a été florissante à l’époque : les quais sont vastes et il reste encore de grands hangars en mauvais état, qui ne semblent plus utilisés.
Par contre, de l’autre côté du fleuve, les salins semblent très actifs et on nous indique que le transport du sel se fait à l’aide d’un bateau qui remonte le Sine Saloum et embarque 2 500 T à chaque voyage.
Arrêt à l’Hôtel de Paris, bel établissement créé dans les années 40 et qui était à l’époque le lieu de RV des français travaillant à Kaolack. Ils s’y retrouvaient le week-end autour d’une bonne table.
Nous sommes reçus par le directeur, un italien, qui nous retrace l’évolution de la ville, depuis l’époque où les français y travaillaient (ils étaient 6 000 !), à aujourd’hui. Il nous invite également à regarder d’anciennes photos accrochées au mur et j’y retrouve le port avec des montagnes d’arachides prêtes à être expédiées.
Visite ensuite du village artisanal où l’on trouve surtout des sculpteurs, bijoutiers et tisserands.
Après déjeuner, nous cherchons un taxi pour Sorokh et Saliou doit négocier ferme, certains nous demandant 2 fois le prix habituel, d’autres 3 ! Finalement, c’est en taxi brousse 7 places que nous continuerons notre périple. Premier objectif, le village de Mbamane où habite la femme de Saliou. L’accès se fait par la piste et l’habitat change totalement car il n’y a que des cases.
Notre arrivée ne passe pas inaperçue et j’imagine que ce n’est pas tous les jours qu’un taxi débarque ici avec des toubabs.
Nous faisons connaissance avec Saly et les membres de sa famille, ainsi qu’avec la petite Coumba Ndoffane, qui a tout juste 2 mois et dont Saliou, le papa, est très fier. Autour d’eux, beaucoup d’enfants et bien sûr on nous demande de faire des photos souvenir.
Puis, départ pour le village de Sorokh, toujours par la piste. Nous essayons de deviner le nom des arbres et autres plantes qui poussent dans la savane et croisons deux beaux troupeaux de zébus. Les bêtes sont en bon état car l’herbe n’a pas manqué du fait qu’il a eu beaucoup d’eau lors de la saison des pluies.
A Sorokh, Saliou nous présente sa famille. Là aussi notre arrivée crée la surprise et tous sont heureux de le retrouver et de nous accueillir. Ses belle-sœur sont là, les unes occupées à piler le mil, les autres faisant la toilette des petits ou les massant. Il règne une ambiance paisible et harmonieuse et leurs faibles moyens n’altèrent en rien leur bonne humeur.
Comme nous devons revenir dans deux jours, nous ne nous attardons pas, car le dernier bac est à 18h30. D’ailleurs, nous l’attraperons de justesse.

Mercredi 3 Décembre - Journal de bord

Aujourd’hui, nous devons nous occuper du bateau ; bientôt il faudra le laisser aux bons soins de Saliou et il est nécessaire de ranger les bouts, les drisses, les écoutes, de protéger les voiles, les hublots,…
Depuis quelques jours, nous avons des soucis avec le propulseur d’étrave qui ne fonctionne plus. Je m’y attelle, découple le moteur de l’hélice et finalement nous constatons que c’est une petite pièce de 2cm2 qui s’est retirée de son logement et bloque l’ensemble. La réparation effectuée, nous faisons les essais et tout fonctionne parfaitement.
De leur côté Jeannot et François entreprennent le nettoyage des bouteilles d’eau minérale rangées près du moteur et qui baignent dans une sauce couleur goudron peu ragoutante. Ensuite, Paul et Jeannot s’attaquent au branchement de la pompe de cale automatique.
Notre travail achevé, nous allons faire quelques courses au village. Un marchand de pastèques nous fait l’article ; nous nous laissons tenter car il fait bien chaud et cela nous désaltèrera. Il fait partie de l’ethnie des Peulhs et François, qui connaît quelques mots, engage la conversation.
Sur le chemin du retour, Saliou m’apprend qu’il y a de nombreuses ethnies au Sénégal : les Wolofs, les Peulhs, les Diolas, les Toucouleurs, les Bambaras, les Soces et enfin les Sérères dont il fait partie.

Mardi 2 Décembre - Journal de bord

Nous avons passé une superbe nuit, silencieuse et reposante, ce qui a permis de recharger les batteries. Au petit matin, sur la rive bâbord, une pirogue dérange en passant une quarantaine de flamands roses ; ils prennent leur envol, viennent vers nous et nous ravissent du spectacle de leurs belles plumes roses, blanches et noires.
A partir de maintenant, nous devrons utiliser l’annexe pour aller à terre. Une fois gonflée, nous installons le moteur, mais celui-ci refuse de démarrer. Il est vrai qu’il n’a pas fonctionné depuis deux ans et une opération mécanique s’impose : circuit d’alimentation essence et circuit refroidissement à déboucher, bougie à nettoyer, …
Nous parvenons à le faire tourner, mais l’alimentation reste problématique et il s’éteint très rapidement. Ce n’est pas grave, les distances étant courtes nous utiliserons les rames.
Nous poursuivons la remontée du fleuve, arrivons à Foundiougne et mouillons devant …l’ « hôtel Foundiougne », qui dispose d’un ponton. Pour nous, le choix de l’emplacement est important, car c’est là que le voilier passera l’hiver.
Peu après, Saliou, le jeune frère de Cheikh et Waly, nous rejoint. Il arrive du village de Sorokh et doit passer quelques jours avec nous pour se familiariser avec le Ca Passera dont il sera le gardien durant les 3 mois à venir.
L’après midi, visite du village que nous trouvons très calme ; en effet, nous ne verrons quasiment pas de voiture, les gens se déplacent essentiellement à pied, en deux roues ou encore en carriole tractée par un cheval ou un âne.
Quelques échoppes bordent la rue principale et en arrière plan nous avons plusieurs arbres majestueux, des fromagers ou des baobabs.
Nous poussons jusqu’à la mosquée et Saliou en profite pour aller prier.