dimanche 14 décembre 2008

Jeudi 4 Décembre - Journal de bord

A 6h, tout le monde debout ; il s’agit de faire vite pour ne pas manquer le 1er bac qui part à 7h30. Bien sûr, le temps de faire la toilette, de prendre le petit déj. et de relier le ponton avec l’annexe dont le moteur ne fonctionne toujours pas, nous sommes à la bourre ! C’est donc au pas de course que nous avalerons le km qui nous sépare de l’embarcadère et nous montons juste à temps sur le bateau.
Ensuite, un bus nous conduit jusqu’à Fatick. Il est bondé et nous avons même des chèvres sur le toit. A mes côtés, une jeune maman tient son petit garçon contre son sein ; il est curieux, très sage, et me regarde avec attention : il n’a pas dû voir beaucoup de personnes à la peau blanche !
Arrivés à la gare routière, il nous faut maintenant prendre un mini bus jusqu’à Kaolack. Ce sont des 19 places et ils ne partent que lorsqu’ils sont pleins. Nous avons de la chance et rapidement nous prenons la route. Celle-ci est en mauvais état et par endroits les nids de poule sont tellement importants que les conducteurs doivent emprunter les bas côtés. Ceci dit, notre chauffeur est prudent et ne nous a causé aucune frayeur.
Arrivés à Kaolack, sur la place centrale, je (Didier) me renseigne pour savoir dans quel bâtiment se trouvaient les établissements Vézia. C’est là que j’ai passé mes premières années, à l’époque où mes parents travaillaient au Sénégal. Aujourd’hui, l’immeuble est occupé par deux banques. Le directeur du Crédit Mutuel, prévenu de ma visite, m’autorise à circuler dans les parties extérieures et je prends de nombreux clichés pour la famille. Un vieil habitant du quartier, qui a bien connu l’époque où la Sté Vézia était en activité, me sert de guide.
Ensuite, direction le port, où mon père s’occupait de l’expédition d’arachides par bateau vers la France. On devine que l’activité économique a été florissante à l’époque : les quais sont vastes et il reste encore de grands hangars en mauvais état, qui ne semblent plus utilisés.
Par contre, de l’autre côté du fleuve, les salins semblent très actifs et on nous indique que le transport du sel se fait à l’aide d’un bateau qui remonte le Sine Saloum et embarque 2 500 T à chaque voyage.
Arrêt à l’Hôtel de Paris, bel établissement créé dans les années 40 et qui était à l’époque le lieu de RV des français travaillant à Kaolack. Ils s’y retrouvaient le week-end autour d’une bonne table.
Nous sommes reçus par le directeur, un italien, qui nous retrace l’évolution de la ville, depuis l’époque où les français y travaillaient (ils étaient 6 000 !), à aujourd’hui. Il nous invite également à regarder d’anciennes photos accrochées au mur et j’y retrouve le port avec des montagnes d’arachides prêtes à être expédiées.
Visite ensuite du village artisanal où l’on trouve surtout des sculpteurs, bijoutiers et tisserands.
Après déjeuner, nous cherchons un taxi pour Sorokh et Saliou doit négocier ferme, certains nous demandant 2 fois le prix habituel, d’autres 3 ! Finalement, c’est en taxi brousse 7 places que nous continuerons notre périple. Premier objectif, le village de Mbamane où habite la femme de Saliou. L’accès se fait par la piste et l’habitat change totalement car il n’y a que des cases.
Notre arrivée ne passe pas inaperçue et j’imagine que ce n’est pas tous les jours qu’un taxi débarque ici avec des toubabs.
Nous faisons connaissance avec Saly et les membres de sa famille, ainsi qu’avec la petite Coumba Ndoffane, qui a tout juste 2 mois et dont Saliou, le papa, est très fier. Autour d’eux, beaucoup d’enfants et bien sûr on nous demande de faire des photos souvenir.
Puis, départ pour le village de Sorokh, toujours par la piste. Nous essayons de deviner le nom des arbres et autres plantes qui poussent dans la savane et croisons deux beaux troupeaux de zébus. Les bêtes sont en bon état car l’herbe n’a pas manqué du fait qu’il a eu beaucoup d’eau lors de la saison des pluies.
A Sorokh, Saliou nous présente sa famille. Là aussi notre arrivée crée la surprise et tous sont heureux de le retrouver et de nous accueillir. Ses belle-sœur sont là, les unes occupées à piler le mil, les autres faisant la toilette des petits ou les massant. Il règne une ambiance paisible et harmonieuse et leurs faibles moyens n’altèrent en rien leur bonne humeur.
Comme nous devons revenir dans deux jours, nous ne nous attardons pas, car le dernier bac est à 18h30. D’ailleurs, nous l’attraperons de justesse.

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