lundi 1 décembre 2008

1er Décembre - CE SOIR ECOUTEZ FRANCE INTER

L'équipage du "CA PASSERA" sur "ALLO la planète" à minuit 20 ce soir.
Ne pas manquer.

dimanche 30 novembre 2008

20 novembre








Mercredi 26 Novembre - Journal de bord

Nous ne pensions pas pouvoir garder le spi très longtemps, car c’est une voile assez difficile à maîtriser. En fait nous l’avons maintenue tout le mardi, toute la nuit, et ce n’est que dans la matinée que nous l’avons remplacée par le génois monté sur le tangon.
Le rangement du spi par vent fort n’est pas une partie de plaisir et cela nous a occupé un bon moment.
De tout notre périple, cette journée est la plus chaude. Elle a commencé par un splendide lever de soleil, puis par l’observation de la vie en mer. Nous avons vu des tortues, une raie manta avec deux rémoras occupés à la déparasiter et surtout une multitude de poissons volants.
Nous quittons les eaux de la Mauritanie et arrivons dans celles du Sénégal. Très rapidement, nous passons au large de St Louis et avons mis le Cap Vert en point de mire sur notre GPS. A la nuit tombée, nous apercevons le halot de lumière nous signalant Dakar. Le balai aérien incessant des avions nous permet de deviner l’emplacement de l’aéroport. Puis les lueurs du phare se précisent, mais le contournement de la presqu’île de Dakar est interminable et se finit au près par 25 nœuds de vent. Nous mouillons finalement à 4 h du matin dans la splendide baie de Hann.
Enfin nous sommes arrivés, après plus de 6 jours en haute mer sans voir la terre, et nous fêtons cela en ouvrant une bonne bouteille!
Ce qui est extraordinaire, c’est que le même jour mais cinquante ans plus tôt, la mère de Paul, Françoise, mettait le pied sur le sol sénégalais…

Mardi 25 novembre - Journal de bord

Mer et vent toujours aussi calmes, c’est donc l’occasion de sortir le spi asymétrique afin d’essayer de capter les faibles brises d’air. Il est du plus bel effet et donne un air de fête au bateau. Nous croisons peu de navires, par contre nous apercevons au loin une baleine et surveillons les moments où elle remonte à la surface pour souffler. Puis c’est un requin curieux qui s’approche à trois mètres du bateau. Et enfin, des poissons volants qui font preuve d’une incroyable rapidité pour planer au dessus des vagues, échappant ainsi à leurs prédateurs (essentiellement les daurades).
Dans l’après midi, bain à l’arrière du bateau, pas du tout intimidés par la présence des requins. Justement, peu après, c’est l’un d’eux qui mordra à notre rapala, mais lorsque Olivier veut le ramener, le poisson casse la ligne d’un coup de dent et nous vole notre leurre.
Ce soir, l’air est si doux que nous dînons à l’extérieur et apprécions le thon poëllé que nous avions pêché la veille. Le tout en écoutant une divine musique, en particulier Madeleine Peyroux.

Lundi 24 Novembre - Journal de bord

Ce matin l’air est vif et le ciel nuageux. La mer est calme et jusqu’à l’horizon nous avons cette masse liquide, si énorme et si immobile que l’on se sent purifié et apaisé rien qu’à la regarder. C’est pour moi, avec la haute montagne, un des rares lieux où l’on se sent coupé du monde et étranger à toutes les contraintes règlementaires et conventionnelles. Ici la phrase « Homme libre, toujours tu chériras la mer » prend tout son sens.
Au loin, en fin de matinée, nous croisons deux bateaux de pêche, ce qui nous fait penser que nous avons quelques chances avec nos lignes. Quelques minutes après, Jean Jacques ramène un joli thon, que nous savourerons en sashimi au déjeuner.
En soirée, nous essuyons un grain. Le vent se calme en fin de nuit et nous oblige à remettre le moteur en marche. Néanmoins, globalement nous avons bien avancé depuis le départ car il nous reste moins de 300 milles à parcourir.

Dimanche 23 Novembre - Journal de bord

Aujourd’hui, grand beau avec un ciel uniformément bleu. Le vent de nord ouest est plus chaud, souffle par rafales et le bateau progresse bien. Il monte et descend au gré de la houle. Parfois un peu d’eau blanche giflée par le vent passe par-dessus bord. Dans la journée nous dépassons le fameux Tropique du Cancer. La journée s’écoule paisiblement, rythmée par les repas, les relais à la barre, la sieste, la lecture et … le journal de bord.
Après le dîner, Paul et Olivier font le premier quart et nous appellent. Le bateau est entouré par un groupe de 30 à 40 dauphins et le spectacle est féerique d’autant plus que nous sommes dans des eaux riches en plancton qui devient phosphorescent dès qu’il est agité. En avançant les dauphins ressemblent à des ogives lumineuses qui tracent à toute vitesse des arabesques lumineuses et le bateau avance dans une couronne lumineuse.
Le spectacle dure plusieurs heures et à 2H en prenant mon quart, j’ai toujours quelques dauphins près du bateau qui ne nous quitteront qu’au lever du jour, au large du Cap Blanc.

Samedi 22 novembre - Journal de bord

J’aime les aubes grises, un peu lourdes, presque pâteuses, qui prennent des couleurs à mesure que le soleil monte. Encore une belle journée avec de rares nuages. Nous allons bientôt franchir le Tropique du Cancer, quitter les eaux marocaines pour celles de la Mauritanie. A hauteur du Cap Blanc, il faudra se tenir au large pour éviter les hauts fonds. C’est ici en effet, au Banc D’Argain, que s’est échoué le célèbre bateau « La Méduse ».
Nous passons la majeure partie de la journée à l’extérieur dans le cockpit dans lequel on se sent bien, une main cramponnée sur le winch pour assurer son équilibre. On regarde la mer, le ciel, la nature et les voiles, parfois un navire qui croise au loin. On écoute le clapot qui frappe l’étrave, qui s’écrase pour laisser glisser la coque sur l’eau. Ca Passera avale les milles.
Actuellement, la nuit nous naviguons sans lune et nous pouvons observer des ciels de toute beauté. Comme il n’y a pas de lumières parasites, les étoiles sont étincelantes.

Venderdi 21 Novembre - Journal de Bord

La Gomera est loin dernière nous et nous croisons Hierro, la plus petite île de l’archipel. C’est maintenant le plein océan et ses quarts habituels. Je prends le dernier avec François et là nous croisons un superbe trois mats qui apparaît devant le soleil. C’était déjà magique et un arc en ciel vient parachever le tableau.
Nous avançons à 6 nœuds avec un vent de nord ouest régulier.