dimanche 14 décembre 2008

Lundi 1er Décembre - Journal de bord

A 4h du matin, je prends le quart quand Paul va se coucher. François s’est endormi sur la banquette du cockpit et nous ne l’avons pas réveillé car il dort comme un bienheureux, sous les étoiles. Vers 5h, Jeannot le remplace et nous croisons de très nombreux pêcheurs sur leurs pirogues très effilées. Souvent ils posent des filets, signalés par de petits drapeaux et il faut être très vigilant pour les éviter.
Nous prenons plein sud, direction l’embouchure du Sine Saloum, que nous atteignons peu avant midi. Le spectacle est superbe, avec un joli petit village à bâbord. Nous progressons à l’aide des indications du GPS qui nous indique les endroits les plus profonds et nous sommes à l’affut des bouées vertes ou rouges qui nous guident dans notre cheminement.
Beaucoup d’oiseaux, quelques pirogues et le voilier bien à plat qui glisse comme sur un miroir. Le paysage défile ; c’est de la magie pure.
Pour déjeuner nous mouillons près d’une petite plage où se reposent plusieurs oiseaux. Parmi eux trois pélicans, qui s’éloignent avec leur démarche pataude et prennent lourdement leur envol à notre approche.
Nous enfilons nos maillots et partons à la nage vers la plage. Petite balade le long de la côte, en bordure de la mangrove, où nous observons de nombreux crabes de palétuviers qui ont une carapace marron et bleu turquoise.
Nous reprenons notre progression avec le voilier quand Paul, attiré par un petit chenal, décide de s’y engager. Brusquement le bateau stoppe net et nous sommes englués dans la vase, courbés en avant sous l’effet de la décélération. Au passage, François se heurte violemment le poignet.
Nous profitons de cet arrêt forcé pour admirer les oiseaux, très nombreux.
C’est alors que sonne le téléphone : France Inter au bout du fil ! François avait informé les animateurs de l’émission « Allo la planète » de notre périple et ils nous rappellent pour nous indiquer que nous passerons ce soir à l’antenne, autour de minuit. Cela nous oblige à remonter vers le nord est, car ici la liaison téléphonique est médiocre.
Un peu plus tard, grâce à la marée montante, nous parvenons à retrouver le lit du fleuve, mais il fait déjà nuit noire. Notre progression est délicate car les pêcheurs ont installé des casiers en surface, reliés par des barres de bois. Avec Jeannot, nous nous installons à l’avant du bateau, essayant avec nos lampes de poches de repérer tous ces pièges. Malgré notre vigilance, par deux fois nous les heurtons, mais réussissons à passer sans casse.
Enfin, nous trouvons un endroit tranquille pour le mouillage, au milieu du fleuve, au sud de Foundiougne. Peu après, l’interview est réalisée et François, porte-parole du groupe, évoque le volet humanitaire et notre aventure entre copains.

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